Plastics TMP

Plastics TMP

Plastics TMP a une activité de niche. Cette entreprise wavrienne de plus de 55 ans, qui a connu une reprise l’année passée, est en effet spécialisée dans la conception, la fabrication et l’habillage de flacons standards et exclusifs, avec un large choix d’accessoires et de bouchages. Sa spécialité : le soufflage des corps creux. Ses débouchés : les secteurs pharmaceutique, chimique, cosmétique, alimentaire et même le design.

Ses priorités

5 out of 5

Ressources humaines

4 out of 5

Fiscalité

4 out of 5

Energie

 

Carte d’identité

  • Nom : Plastics TMP
  • Représentant : Christophe Dechamps, CEO, et Coraline Materne, directrice commerciale.
  • Secteur d’activités : Fabrication de flacons
  • Localisation : Wavre, Province de Brabant wallon
  • Date de création : 1er février 1965
  • Personnel : 6 ouvriers (horaire 3 pauses), 2 employés et 2 administrateurs
  • Tél. : 010/ 41 90 20
  • E-mail : info@plasticstmp.com
  • Site Web : www.plasticstmp.com

 

Compte-rendu de la visite

C’est début avril qu’Olivier de Wasseige a visité cette PME historiquement implantée au cœur du Brabant wallon. L’occasion de découvrir le positionnement et l’offre très spécifiques de l’entreprise, qui puise dans son stock ou plus généralement produit à la demande selon les exigences particulières de chacun de ses clients. Les modèles sont à choisir dans une gamme de plus de 100 références et sont aussi proposés en version recyclée ou 100% végétale, via un matériau biosourcé en sucre de canne.

Cette production à la demande, en petite, moyenne ou grande série, est l’un des principaux points forts de cette PME, très réactive et toujours plus agile pour coller aux attentes et aux besoins de ses clients. L’autre principale force de l’entreprise est cette possibilité offerte au client de «customizer» son flacon.

C’est depuis l’été 2021 que Coraline Materne et Christophe Dechamps sont à la tête de l’entreprise, rachetée par ce dernier avec le soutien des banques et de la Sowalfin. Christophe Dechamps connaissait Plastics TMP depuis longtemps, car active dans le secteur pour lequel il travaillait déjà. De discussions en discussions avec l’ancien propriétaire, il a franchi le cap : devenir lui-même propriétaire. La preuve qu’il croit au potentiel de l’entreprise, qui dispose d’un portefeuille d’une centaine de clients, implantés très majoritairement en Belgique et en bien moindre mesure dans les pays voisins que sont la France et les Pays-Bas.

Si l’outil de production est performant sans être dernier cri, les repreneurs reconnaissent surtout qu’ils ont eu la chance de pouvoir compter sur un personnel de choix : fidélité, taux de présence, professionnalisme ou encore polyvalence, autant d’atouts qui permettent à l’entreprise de bien tourner, de s’adapter et de dégager des marges de progression pour rentabiliser encore mieux l’outil. « Alors que nos concurrents imposent parfois des délais de 2 à 3 mois pour intercaler une commande imprévue, nous sommes capables de répondre dans l’urgence. Nos délais peuvent alors être très courts pour autant qu’une machine soit disponible. Tout peut parfois aller très vite ! », se félicite Christophe Dechamps. Une organisation qui tient donc parfois de la haute voltige : à côté des clients récurrents qui commandent à intervalles réguliers tous les mois ou tous les 2 mois, il en voit parfois débouler l’un ou l’autre en catastrophe, comme parfois à la veille de Noël, pour une commande de 10.000 flacons, tout simplement parce que ce client n’avait jamais imaginé le succès de son produit et l’épuisement rapide de son stock.

Tous les produits de la gamme ne sont pas égaux. « La différence se marque d’abord dans le grammage, car il conditionne la quantité de matière première nécessaire. Il y a ensuite la préparation du moule, car certains modèles sont plus complexes que d’autres. Troisième élément qui impacte le prix : la hauteur de la commande. Le facteur prix est important mais pas déterminant pour se démarquer de la concurrence : le service, la réactivité, la qualité et la personnalisation sont les principaux atouts de Plastics TMP par rapport à nos 2-3 principaux concurrents belges », précise Coraline Materne. De quoi nourrir le bouche à oreille dans le réseau, auprès des clients, de leurs fournisseurs. « Petit à petit, c’est une toile d’araignée qui se tisse, renforcée par nos recherches sur internet ».

Aujourd’hui, Coraline Materne et Christophe Dechamps ne regrettent pas de s’être lancés dans l’aventure. Les crises sont passées par là, mais l’entreprise traverse les tempêtes successives en gardant le cap et fourmillant de projets. Bien implantés dans l’écosystème du cluster wallon Plastiwin, ils ont malheureusement tellement la tête dans le guidon vu la taille très réduite de leur structure qu’ils sont conscients de probablement passer à côté d’une série de possibilités d’aides, de primes ou d’expertises prévues par les autorités wallonnes et qui seraient particulièrement bienvenues. « Chercher ce type d’informations, faire les démarches et suivre l’évolution des dossiers est très chronophage pour nous. Nous n’avons pas les moyens d’y dédier une personne même à temps très partiel tant notre priorité va aux clients. Le rêve serait que tous ces organismes viennent spontanément vers nous ! Nous pourrions alors nous consacrer aussi à préparer le futur, à travailler et investir dans les matières du futur et donc anticiper sur les nouvelles normes qui nous seront tôt ou tard imposées ».

Au-delà des normes, il y a de toute façon les évolutions techniques et l’évolution croissante des demandes des clients pour l’utilisation de matières toujours plus respectueuses de l’environnement. « Nous avons des projets de R&D en perspective et nous avons la taille idéale pour tester de nouvelles inventions ou pour tester le potentiel d’industrialisation. Ce sont des atouts sur lesquels nous devons capitaliser ». L’entreprise aimerait également voir émerger une activité de compostage industriel en Belgique, malheureusement inexistante à ce jour.

Défis et problématiques

  • Les ressources humaines sont une priorité pour l’entreprise. Pour une PME de la taille de Plastics TMP, la charge administrative est qualifiée d’énorme pour la gestion du personnel.
  • La fiscalité et le coût du travail sont également pointés du doigt : Selon Christophe Dechamps, 30 à 40% du chiffre d’affaires est englouti par les salaires. Pour lui, les indexations automatiques sont un cercle vicieux car il lui est impossible de les répercuter sur les prix. Ce sont donc les marges qui trinquent, ce qui réduit ses capacités d’investissement et fragilise l’entreprise pour le futur, dans un secteur où la concurrence vient parfois d’autres pays où le coût du travail est plus léger.
  • Autre point d’attention tout sauf surprenant, l’énergie. Son coût est un tout gros poste budgétaire, que ce soit pour faire tourner l’outil ou pour le transport des marchandises ou encore les déplacements du personnel. Certaines expertises sont rares et donc difficilement remplaçables, ce qui amène des demandes d’aide des collaborateurs.

texte