Chimay

Chimay

C’est dans le cadre d’une rencontre officielle avec le ministre Ecolo Philippe Henry qu’Olivier de Wasseige et Cécile Neven ont visité au printemps les installations des Bières de Chimay. Pour l’UWE, ce fut l’occasion de présenter au ministre wallon du Climat les recommandations des entreprises pour l’adaptation du Plan Air Climat Energie, avec pour objectif une réduction de 55 % des gaz à effet de serre pour 2030.

Ses priorités

5 out of 5

Énergie

4 out of 5

Ancrage local

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Savoir-Faire

 

Carte d’identité

  • Nom : Groupe Chimay
  • Représentant : Xavier Pirlot, Directeur général de « Bières et fromages de Chimay »
  • Secteur d’activités : Alimentaire
  • Localisation : Chimay, Province de Hainaut
  • Date de création : L’activité monastique a débuté à Chimay en 1850. La première bière est produite en 1862 et le premier fromage en 1876.
  • Personnel : Le Groupe Chimay (Bière de Chimay, Chimay Fromage, Discobeer, Auberge de Poteaupré, Fondation Chimay Wartoise, Abbaye de Scourmont, Solidarité Cisterienne,…) emploie plus de 250 personnes
  • Tél. : 060/21 03 11
  • E-mail : info@chimay.com
  • Site Web : https://chimay.com/

Compte-rendu de la visite

Le choix de Chimay était tout sauf anodin, tant l’entreprise fait figure de modèle et de source d’inspiration pour les entreprises qui ont la volonté de limiter leur impact environnemental : Chimay, c’est en effet un projet fort et historique de soutien au développement local, à l’emploi et à l’environnement.

Chimay repose sur deux piliers économiques : la bière et le fromage. Et, avant tout, sur un pilier symbolique : l’activité sociétale des moines de l’abbaye cistercienne. Depuis 1862 et jusqu’à aujourd’hui encore, la brasserie n’a pas quitté l’enceinte de l’abbaye. Et les bières y sont toujours brassées, sous le contrôle des moines. Si la technologie a bien évidemment évolué au fil du temps, c’est au service de la qualité et de cette tradition brassicole séculaire, tout en conservant le goût unique de ces bières trappistes.

Comme le rappelle son management, « Notre crédo est de laisser le monde dans le meilleur état possible pour les générations à venir. C’est la raison pour laquelle nous consentons des investissements conséquents afin de réduire au maximum notre empreinte écologique. »

Pour son directeur, Xavier Pirlot, la dimension sociétale de l’activité est le fil rouge de toutes les décisions stratégiques : « la brasserie et la fromagerie de Chimay reversent depuis leurs débuts respectifs en 1862 et 1876, la majorité des bénéfices à l’entraide sociale. La région de Chimay est fortement soutenue mais également des projets à l’international. Au-delà d’une dimension humaine importante, Chimay s’investit également pour le respect de la planète et de ses ressources. » Depuis 1850, les moines de Chimay travaillent pour préserver les ressources naturelles mises à leur disposition. Jusqu’à ce jour, la société maintient ce cap au travers de nombreuses actions (station d’épuration, zones protégées autour de l’Abbaye, projets d’éoliennes, panneaux photovoltaïques, diminution des consommations d’eau et d’énergie,…) : « Suite aux accords de Branche I et II, Bières de Chimay, a réalisé depuis 2002, de nombreux investissements pour réduire son indice de gaz à effet de serre et améliorer son efficacité énergétique: isolation des bâtiments, mise en place de panneaux photovoltaïques, achat d’une chaudière à pellets, récupération des énergies, station d’épuration… Toute l’abbaye et son hôtellerie (100 personnes) sont notamment chauffées grâce à la récupération des calories issues du processus de brassage. »

Efficacité énergétique, réduction des émissions de gaz à effet de serre et transition bas carbone sont autant d’éléments qui modifient un rapport à l’énergie qui correspond aux valeurs prônées de sobriété et d’efficacité.

Chaque année, la brasserie investit entre 3 et 5 millions d’euros dans son matériel et ses bâtiments avec toujours cette volonté d’améliorer son efficience énergétique. En 2019, Bières de Chimay a inauguré sa toute nouvelle ligne d’embouteillage dans un hall flambant neuf de 4.000m2 avec 1.200 panneaux photovoltaïques sur le toit. En 2020, le société a lancé sa propre éolienne en collaboration avec Bee. La fromagerie n’est pas en reste avec un budget d’investissement annuel entre 300.000€ et 500.000€. Et cela ne s’arrête jamais : fin 2022, l’entreprise totalisera 2.600 panneaux photovoltaïques. C’est dans la partie la plus ancienne de l’usine d’embouteillage que seront posés ces 1.400 panneaux photovoltaïques supplémentaires. Pour relever ce défi, la structure et le toit de l’entrepôt de stockage ont dû être renforcés. Ces nouveaux panneaux viendront compléter les dispositifs mis en place depuis plus de deux ans et devraient permettre d’atteindre pratiquement 100% de la production électrique nécessaire au fonctionnement des activités du site.

En parallèle, le rejet de CO2 dans l’atmosphère est également au centre de toutes les attentions. L’objectif est fixé : moins 37% en 2023. Pour y arriver, l’entreprise étudie le remplacement de fuel par des systèmes plus verts comme le biogaz ou la biomasse, mais aussi sur des technologies de captage des émissions de CO2, sur la réutilisation de l’eau, etc.

Depuis plusieurs années, le père-abbé de l’abbaye de Scourmont,Dom Damien, encourage l’agriculture bio, les circuits courts (à travers un partenariat-cadre avec 170 agriculteurs des environs), la préservation de la qualité de l’eau (indispensable à la qualité de la bière), l’énergie solaire et la récupération de chaleur utilisée pour chauffer l’abbaye. Avec le développement de nouvelles synergies locales, un projet de biométhanisation est en cours d’étude, « ce qui participera à un écosystème énergétique circulaire et vertueux. Le biogaz ainsi produit pourrait servir aussi hors production, pour les véhicules de l’entreprise, voire pour la population si une pompe CNG était installée. »
La réflexionne s’arrête pas là en matière d’empreinte environnementale, puisqu’elle s’attaque aujourd’hui également aux produits via l’éco-conception des emballages, à la plantation de haies et d’arbres et d’autres projets. La durabilité est donc clairement « le » projet d’entreprise !

Défis et problématiques

Les ressources humaines sont aujourd’hui devenues un enjeu majeur pour les activités du groupe. Malgré l’objectif d’entraîner le maximum de retombées au niveau local, le recrutement s’élargit de plus en plus au niveau géographique afin de trouver les compétences nécessaires au bon fonctionnement des activités et au développement des nouveaux projets.

La production est énergivore et la nécessité pour le groupe est de décarboner l’énergie thermique. Plus largement, l’énergie et les coûts qu’elle représente sont intégrés dans tous les projets et développements stratégiques. La hausse actuelle des coûts et leur maintien probable à des niveaux élevés dans un futur rapproché renforcent la conviction du management que l’anticipation était bien la meilleure solution. La volonté de transition n’est pas neuve pour décarboner les processus tout en bâtissant la résilience des activités, avec un enjeu stratégique en matière d’approvisionnement énergétique.

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